À quoi servira le bureau après le déconfinement ?

Dans : Le bureau de demain

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Teams pods Google Les team pods de Google

Contrairement au 11 mai 2020, c’est un déconfinement plus progressif qui attend les français. Si la réouverture des restaurants et des lieux culturels semble davantage au cœur des préoccupations, un retour à une vie moins anormale implique des questions sous-jacentes. Celle qui nous intéresse ici, est l’impact du déconfinement sur nos retours au bureau.

Chamboulés par l’explosion du recours au télétravail, les espaces de travail ont été amenés à se repenser, en accordant une place importante à des notions clés : flexibilité et hybridation. Après-demain, c’est la déspatialisation qui devrait être au cœur de nos rapports aux lieux professionnels…

bureaux et deconfinement

Comment le rapport au bureau a-t-il évolué ? 

La révolution télétravail

Même si le rapport entre le travailleur et son bureau est en constante mutation, la Covid a marqué une révolution. Alors que le recours au télétravail augmentait petit à petit avant la crise, il a complètement explosé, devenant normal voire la norme en quelques mois. Le dogmatisme du bureau traditionnel, qui était déjà en train de s’effacer, laisse donc plus de place à l’émergence de la flexibilité sur nos lieux de travail.

Et cela est en partie dû à la démocratisation du poste de travail itinérant. Chacun s’est rendu compte qu’il avait la possibilité de travailler de partout muni de notre fidèle ordinateur et de l’instable wifi.

Le télétravail a eu des répercussions différentes selon les entreprises, les collaborateurs et leurs corps de métiers. Selon une récente enquête réalisée pour le gouvernement, 45% des salariés étaient en télétravail et 39% des sondés affirment ne pas être en capacité de travailler depuis leur domicile. 70% des décisionnaires envisagent de modifier l’organisation de leur entreprise et 80% des collaborateurs désirent plus de flexibilité et de recours aux espaces de coworking.
D’autre part, le nombre moyen de jours télétravaillés est évalué à 3,6 jours par semaine. Les télétravailleurs se trouvent surtout dans le secteur tertiaire, dont les outils et missions permettent cette souplesse de lieu, avec 62% de salariés des banques/ assurances en télétravail.

Deux chiffres importants apparaissent :

  • Le nombre de télétravailleurs français est passé d’environ 30% fin 2019, à 45% lors de l’épidémie.
  • Le nombre moyen de jours télétravaillés a plus que doublé, passant de 1,6 à 3,6.

Bien-sûr le télétravail existait déjà avant et était connu du plus grand nombre. La crise a seulement permis de nous éclairer sur sa facilité d’accès en forçant quelque peu son recours. Les salariés ont appris à le connaître et à l’aimer, et les entreprises y ont vu une certaine utilité, permettant aussi parfois des économies de temps, d’énergie et… d’argent.

Now Coworking Marseille
Chloé, notre Directrice Commerciale, en vadrouille à Marseille, face au Vieux-Port !

Qu’est-ce qui se cache derrière le télétravail ?

La tendance voudrait que le travailleur de demain soit encore un télétravailleur. On peut donc penser à un système plus hybride avec ce quota d’un jour par semaine minimum de télétravail. Chaque entreprise se verra imposer de vraies règles à ce sujet, donnant plus ou moins le choix aux collaborateurs. Une chose est sûre, sa démocratisation contribue à rendre le monde du travail plus souple et notre rapport au bureau plus flexible. Chose qui s’est matérialisée de plusieurs manières cette année. Il y eut d’abord une adaptation plutôt rapide des entreprises des différents secteurs puis une acceptation majeure des besoins et satisfactions des collaborateurs.

Comme un marqueur de cette évolution, le télétravail se manifeste désormais sous plusieurs formes :

  • Le classique home office : On travaille depuis chez soi.
  • Le digital nomad, baroudeur de bureaux : La capacité à travailler de partout, la seule contrainte étant la wifi. Aussi appelé nomadisme numérique, en français.
  • Le remote, ou le pro du télétravail : Lorsque le home office se trouve très éloigné du lieu de travail habituel, impliquant du télétravail à plus long terme.
  • L’option espace de coworking : L’usage à la journée de ces lieux augmente depuis plusieurs années. On pourrait donc imaginer des semaines hybrides alternant journées de télétravail en home office, télétravail à l’étranger, venues au bureau et journées en coworking !

chiffres télétravail

Le travail en remote, ou le télétravail à son paroxysme, puisque émancipé du besoin de proximité au lieu de travail, est de moins en moins envisagé. Chose qui se comprend, puisque chacun n’a pas la possibilité d’y avoir recours. Si la venue quotidienne sur un même lieu n’est plus nécessaire pour une majorité de collaborateurs du tertiaire, des réunions importantes, des rendez-vous commerciaux ou des simples besoins de revoir ses collègues s’imposent.

Un constat commence ainsi à apparaître : aujourd’hui, il ne s’agit plus de travailler depuis un poste unique au siège de l’entreprise, mais d’un ensemble de lieux depuis lesquels nous avons plus de facilité à exercer.

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Les entreprises se sont-elles adaptées ?

Plusieurs entreprises ont expérimenté différents modèles représentatifs de ces tendances :

  • Germinal, l’expérience du zéro bureaux : Pionnière du growth hacking, l’entreprise a permis à tous ses collaborateurs d’être, non pas en télétravail, mais en remote, c’est-à-dire sans réelle personne incarnée physiquement au siège ! Selon Kevin Duchier, Head of People chez Germinal, le paramètre le plus compliqué à gérer demeure le maintien d’une culture d’entreprise.
  • Twitter, ou le télétravail à vie : Jack Dorsey, le patron de la firme, incite effectivement au télétravail post-Covid pour ses employés. De quoi faire des économies de loyers alloués aux bureaux !
  • Google, encore une fois précurseur ? Adepte des tendances de tous types, la GAFAM essaie de réinventer les espaces de travail. Le bureau post-pandémique serait donc un lieu réincarnant la distance séparant spatialement les travailleurs des télétravailleurs. L’innovation numéro une concerne donc les Team Pods, des écrans disposés sur les sièges pour faire en sorte que les télétravailleurs soient à la fois chez eux et au bureau ! Google mise aussi sur la déspatialisation du mobilier avec des chaises, des bureaux, des tableaux et des unités de rangement sur roulettes. L’écosystème hybride et flexible par excellence !
Teams pods Google
Les Teampods Google dans les salles de réunions Campfire, afin d’incarner les personnes à distance lors des visioconférences. Source : The New York Times

Attentes des travailleurs français et rythme de déconfinement

Si un grand nombre d’entreprises ont opté pour le télétravail, son recours devrait évoluer à moyen/ long terme. Effectivement, des signes de faiblesse apparaissent, et ses aspects bénéfiques, perçus euphoriquement à l’aube du premier confinement, se dissipent. Selon un sondage Harris Interactive, 47% des actifs français qui travaillent à distance estiment se sentir isolés et 34% pensent que le télétravail augmente le stress. Or, d’autre part, 70% des personnes sondées considèrent le bureau comme le meilleur endroit pour renforcer l’esprit d’équipe et la majorité des salariés souhaitent désormais télétravailler deux jours et demi par semaine en moyenne. C’est deux fois plus qu’avant la pandémie, selon une étude JLL.

Le télétravail est donc là pour durer, mais avec moins de télétravailleurs en simultané et une diminution du jour moyen de télétravail par semaine.

C’est la crise sanitaire qui devrait là encore guider notre rapport prochain au bureau. Si l’évolution de la pandémie se veut plus stable, selon les autorités, un rythme de « déconfinement professionnel » est visible.
Côté actifs, 94% des collaborateurs français désirent revenir au bureau, selon une étude HelloWorkPlace. Côté déconfinement, le télétravail ne figure plus dans les grandes lignes. Lors de l’étape 1 du gouvernement, celui-ci était toujours « imposé ». On le retrouve le 9 juin, pour l’étape 3, en trois mots : « assouplissement du télétravail ». Si la règle reste 100% de télétravail jusqu’à cette date, les cartes semblent davantage dans les mains des entreprises. À elles de planifier leurs propres rythmes de retour au bureau.

Teletravail bureaux a partager
Nicolas, le plus mobile de nos collaborateurs !

Vers un retour au bureau progressif ? 

Par expérience, nous avons remarqué une complexité dans l’encadrement du télétravail à l’échelle nationale. Les entreprises ont quelque peu pris le pas sur le gouvernement en imposant plus ou moins le télétravail. À l’heure du déconfinement, elles ont plus que jamais la main mise sur leurs politiques en matière de télétravail.

L’étude du Génie des lieux révèlent leurs aspirations :

  • 52% des entreprises ne laisseraient pas le choix du lieu de travail aux collaborateurs
  • 77% des entreprises ont pour objectif de faire revenir leurs collaborateurs au bureau en 2021
  • Pour elles, 64% des collaborateurs seraient en télétravail à l’avenir

À court terme on peut donc parier sur un désir de retour au bureau, autant du point de vue des entreprises que des collaborateurs. Toujours du télétravail donc, mais à moindre mesure. À long terme, les tendances de fond devraient ressortir.

  • Flexibilisation. En acceptant un recours accru au télétravail et en faisant preuve d’adaptabilité, les entreprises se sont montrées plus flexibles qu’à l’accoutumée. Le monde du travail semble avoir compris que le modèle du bureau traditionnel n’était pas nécessaire au travail.
  • Hybridation. Les modèles de travail plus souples devraient conduire à un système globalement plus hybride, alternant travail au bureau, à la maison et en tiers-lieux. L’entreprise hybride par excellence pourrait même s’astreindre d’emploi du temps prédéfinis, afin de mixer les collègues de travail et de se séparer du poste de travail par personne. Suivant l’exemple des espaces de coworking, on pourrait très bien nous imaginer devoir réserver notre poste de bureau au jour le jour.

    L’équation « le bureau = l’entreprise » ne vaut plus

  • Déspatialisation. Si l’on combine flexibilité et hybridation, cela nous donne une entreprise déspatialisée. Soit la disparition d’un unique lieu de travail. Les entreprises pourraient donc s’adosser aux besoins de leurs collaborateurs en leurs offrant la possibilité de travailler où ils le souhaitent. Le collaborateur est capable de créer de la valeur sans contrainte de lieux. Le bureau ne fait plus l’entreprise à lui tout seul mais devient un des éléments qui fait l’entreprise.
    À moyen/ long terme, les divergences dans la typologie des lieux pourraient finalement mener à une convergence d’esprits… déspatialisés.

Les bureaux se trouvent partout et ici

Le bureau est-il toujours un lieu de rencontre ?

La déspatialisation, le travail après-demain

La crise a mis en lumière une chose : il n’y a plus besoin de se rendre tous les jours au bureau ou sur un même lieu de travail pour créer de la valeur. La journée lambda n’est plus 9h-18h, ou 10h-19h pour les parisiens. Il y a désormais une concentration de moments partagés, avec un besoin d’échanger et de se voir à des instants clés. Ce, sans être forcément proche spatialement de son interlocuteur. Il convient donc de repenser les journées types, les réunions, rendez-vous, entretiens, déjeuners d’équipe et déplacements.

Ce travail de désacralisation du modèle de travail traditionnel fait converger deux points de vues :

  • Plus que jamais, les moments et lieux de rencontres ont changé. Ils sont plus rares et différents. Tout le monde peut optimiser ses entrevues en choisissant ses instants d’échanges. Cette démultiplication d’espaces de travail mène aussi à une explosion des rencontres. Au cœur des créations de synergies, et initiateur de collaborations, les espaces de coworking, les tiers-lieux, et les bureaux partagés en sont les principaux acteurs.
  • Le bureau est toujours un lieu de rencontre, c’est seulement sa définition même qui a changé. Finalement, on se rend compte que tout le monde peut être distant spatialement tout en étant ensemble. À l’image des Team Pods de Google, le bureau s’est réinventé en n’étant plus affilié à un lieu. Il s’invite dans le moindre espace et une entreprise n’a plus un seul et unique bureau.
    Le bureau, c’est le siège de l’entreprise, le domicile des collaborateurs ou un espace de coworking. Mais aussi un café, une terrasse, une maison de vacances, un hamac, n’importe quelle chaise, une plage. Chaque m2 est un lieu où faire germer un bureau, pour 3 ans ou 3 minutes.

Ces nouveaux rapports aux bureaux sont déjà en cours d’expérimentation. À Bordeaux, les espaces de coworking se sont réunis pour proposer des journées offertes dans leurs espaces. Le but étant de proposer une alternative au télétravail, désormais traditionnel. Mais la crise a aussi favorisé l’essor de pass coworking pour les étudiants ou les retraités ! Ce qui devrait alimenter ces mouvances de décloisonnements et confirmer ces chiffres du Génie des lieux sur les incontournables des entreprises pour l’après crise :

  • Une grande proportion de collaborateurs en télétravail : 64%
  • La possibilité de travailler en tiers-lieux : 61%
  • Une surface de bureau réduite au minimum : 57%

journée coworking

Finalement quel rôle aura le bureau de demain ?

Repenser l’aménagement de bureau

En apparence aujourd’hui, la motivation principale du travailleur est de rompre avec cette période où il est resté trop longtemps séparé de ses collègues. C’est le constat que l’on peut tirer de l’étude JLL sur l’expérience de travail de demain, avec des chiffres évocateurs : 35% des salariés ne veulent plus faire de home office et 61% expriment le besoin de revoir leurs collègues.

Ces études peuvent nous amener à tirer des conclusions évidentes sur les modèles d’aménagement de nos bureaux de demain. Ces lieux doivent être ceux de la collaboration, du partage, de la rencontre. Attention cependant à ne pas tomber dans l’extrême d’un aménagement abusif des bureaux en espaces café et lieux de réunions informelles uniquement.

Certes, les bureaux devront demain être des lieux de collaboration. Mais ces lieux devront surtout favoriser une collaboration hybride entre des personnes présentes physiquement et virtuellement. Plus qu’un simple lieu de rencontre et d’échange, le bureau doit être repensé pour servir une grande variété d’usages des collaborateurs et en particulier les usages les plus mal desservis à la maison.

bureaux deconfinement

Vivre et faire vivre l’entreprise

« Peu avant la crise du Covid, nous vous présentions le concept d’Activity Based Working qui pose l’idée selon laquelle nous devrions designer des bureaux qui permettent aux employés d’avoir le choix et de décider de l’environnement dans lequel ils souhaitent travailler. Celui qui leur convient le mieux en fonction de leur activité. Ce concept à encore plus de sens aujourd’hui.

En fonction de leur modèle d’organisation, leur culture, leurs activités, les entreprises devront proposer à leurs collaborateurs des espaces permettant d’adapter des postures de travail variées : se concentrer, créer à plusieurs, expérimenter en groupe ou avec des clients, se déconnecter des notifications digitales permanentes (privées ou professionnelles), favoriser les hasards et les échanges fortuits.

C’est dans ces espaces favorisant des postures de travail variées que reposera le véritable intérêt d’aller au bureau. Si les entreprises souhaitent redonner du sens à leurs bureaux, elles doivent repenser la valeur ajoutée de leurs m2 de bureaux par rapport aux logements de leurs collaborateurs. Retrouver ses collègues suffira pour un temps mais ne sera finalement que peu différenciant à long terme. » Mehdi Dziri, notre Directeur Général. 

Mehdi Dziri
Mehdi Dziri, Directeur Général de Bureaux À Partager

En conclusion, le bureau n’est pas mort, ses usages sont désormais pluriels. Le bureau singulier n’existe donc plus, on ne peut que parler des bureaux.

Le retour au bureau ne sera pas nécessairement explosif, puisque, finalement, le bureau était accessible depuis 1 an. Ou en tout cas moins inaccessible que le reste des éléments dont nous étions privés. Bien-sûr, un retour à une vie sociale professionnelle sera apprécié et appréciable, mais il se pourrait que les français comptent davantage sur la réouverture des lieux culturels, des bars et des restaurants. Car les lieux professionnels sont aussi facteurs de lien social lorsqu’ils racontent l’histoire de cette vie dans cette pluralité de lieux. C’est là que convergent les discussions et c’est aussi pour ça que nos collègues et collaborateurs nous manquent.

Le travailleur de demain doit être partout pour comprendre ce qu’il se fait sur place.

À court terme, un retour progressif sur un lieu de travail fixe devrait tout de même se manifester, avec une convergence vers un modèle hybride selon les entreprises, les secteurs d’activités et les métiers. Après la confirmation de cette flexibilisation en entreprises, on peut s’attendre à la déspatialisation de celles-ci, à moyen/long terme. 

Alors, à nous de construire ensemble le bureau de demain ! 

Victor David

Victor, curieux et épicurien, a à coeur de vous partager sa vision des bureaux de demain !

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