Faut-il vraiment chercher le bonheur au travail ? Rencontre avec Catherine Testa

Dans : Le bureau inside

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Faut-il vraiment être heureux au travail : rencontre avec Catherine Testa

Le bonheur au travail a le vent en poupe et les entreprises capitalisent de plus en plus sur cette thématique pour recruter, que ce soit via les bureaux, avec des services en tout genre (cours de yoga, massages, salles de sieste, etc)  ou en recrutant un Chief Happiness Officer. Mais le travail est-il le bon lieu pour chercher le bonheur ? L’entreprise est-elle seule responsable du bien-être de ses salariés ? 

Pour répondre à ces questions, nous avons rencontré  Catherine Testa, co-fondatrice de L’Optimisme.com, premier site d’initiatives positives. et du Club CHO, un think-tank orienté autour de l’innovation et du bien-être en entreprise.

Faut-il vraiment chercher le bonheur en entreprise ?

« Je ne parlerais pas de bonheur au travail, mais de bonheur d’aller travailler. On passe la majorité du temps au bureau donc il est essentiel d’y être épanoui. L’entreprise a de nombreux leviers pour améliorer le bien-être de ses collaborateurs, pour autant, ce n’est pas le rôle de l’entreprise de rendre le salarié heureux ! C’est à chaque salarié de se responsabiliser et de donner du sens à son travail ! »

Le bien-être en entreprise est une responsabilité individuelle

Concrètement, que peut faire une entreprise pour favoriser le bien-être de ses équipes ?

« Il n’existe pas de recette type ou d’ingrédient miracle, c’est une combinaison de plusieurs facteurs : des locaux confortables, des formations, du sens dans les missions, de l’autonomie et des responsabilités, etc. L’enjeu est aussi de responsabiliser chacun pour que le bien-être devienne un enjeu global d’intelligence collective.

Du côté des entreprises il y a un vrai enjeu sur ces questions pour continuer à être compétitif et à recruter des talents. La jeune génération a l’habitude de tout évaluer (restaurant, Airbnb, vacances) donc il lui semblera logique d’évaluer aussi son employeur. Cela met une injonction sur l’entreprise et c’est un élément à prendre en compte pour valoriser sa marque employeur. Cette thématique du bien-être n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle forme d’innovation qui va devenir une condition sine qua non de pérennité d’une entreprise. »

La question du bien-être est une nouvelle forme d’innovation qui va devenir condition de pérennité d’une entreprise.

Comment les salariés peuvent-ils se responsabiliser ?

« L’épanouissement est très personnel et dépend donc aussi de la responsabilité de chaque salarié. C’est à chacun de mettre une dynamique positive dans son quotidien. Pour cela, il est possible de prendre des réflexes simples.

Mon premier conseil est de ne pas accorder de l’importance à ce qui n’en a pas ou aux choses sur lesquels on n’a pas de pouvoir. Pour changer son mindset, on peut par exemple se demander si ça aura encore de l’importance dans 5 ans. Cela permet de concentrer son énergie sur les choses sur lesquelles on va pouvoir avoir un impact à court terme.

Ensuite, il faut apprendre à regarder le positif. C’est le regard que l’on porte sur les choses qui leur donne de l’importance : plus je vais regarder le positif plus je le verrai et cela va créer un cercle vertueux. A l’inverse, ne se concentrer que sur le négatif va nous faire perdre notre énergie et limiter notre capacité créative. »

Alors, heureux ?

Le bien-être est un véritable enjeu de compétitivité pour les entreprises sans pour autant dépendre uniquement d’elle. Beaucoup d’entre elles, l’ont d’ailleurs bien compris en embarquant de plus en plus fréquemment leurs salariés sur ces sujets. Chez Lucca (société qui édite un logiciel RH), par exemple, les salariés définissent eux-mêmes leur salaire. Chez Balzac Paris, pas de Chief Happiness Officer, mais un Happy Manager, choisi chaque semaine au sein de l’équipe. Il doit s’assurer que tout se passe bien pour l’ensemble de l’équipe et propose une surprise dans la semaine (apéro, petit-déjeuner, etc). Chez Bureaux A Partager, il existe un monnaie interne : les briqs, que les salariés peuvent utiliser pour remercier leur collaborateurs ou les encourager. Une fois qu’un salarié a rassemblé assez de briqs, il peut les dépenser dans une bootiq en ligne pour s’acheter quelque chose dédié au bien-être de la team : une grasse matinée, un petit compliment envoyé par mail par chaque membre de l’équipe, etc. Bref, autant de possibilités que d’entreprises, à chacun d’être créatif pour trouver la solution qui lui correspond !

Cécile Peghaire

Passionnée par les nouvelles formes de travail, Cécile partage avec vous les innovations RH des petites et grandes entreprises, ainsi que l'actualité du coworking.

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